Chasseurs : arrêtez le massacre !

Les accidents de chasse sont légion, ils font un certain nombre de morts chaque année (sans même parler des animaux blessés laissés à eux-mêmes et qui vont agoniser, évidemment).

Plusieurs épisodes de chasse à courre ont montré à la population la réalité de l’horreur que représente cette boucherie que nos voisins ont su interdire ou faire évoluer alors que eux aussi tenaient dur comme fer à leurs traditions.

Les forêts ne sont pour ainsi dire plus accessibles, au point qu’il y a même des propositions des chasseurs d’en interdire l’accès à certaines périodes de l’année et les chasseurs se vantent de leur utilité dans la régulation.

STOP ! On arrête et on passe au 21ème siècle ! Il n’est évidemment pas question d’abolir la chasse. Juste de la rendre compatible avec la civilisation contemporaine, en faisant en sorte que les chasseurs soient de vrais amoureux de la nature.

Interdire de tuer par plaisir

Commençons par interdire les lâchers qui ne sont rien de plus qu’un massacre pour assouvir un besoin sanguinaire de tuer. Les chasseurs se vantent volontiers de ne pas être des viandards et d’avoir une vraie utilité. Concrètement, quelle utilité de fumer un faisan qui a été lâché et qui est si farouche qu’il suffirait de tendre le bras pour l’attraper ? Sinon pour le plaisir d’avoir quelque chose à tuer ? Pour « amortir » le permis de chasse ?

De même que la chasse à courre, qui est véritablement une atrocité. Courir après une bête terrorisée, qui parfois meurt d’épuisement avant même d’avoir été « servie » d’un coup de dague planté dans le cœur. Des animaux poursuivis jusque dans les maisons où elles sont venues désespérément et vainement venues chercher du secours.  Du pur sadisme à une époque où la chasse n’a plus pour rôle de nourrir la population. Ailleurs, elle a été interdite ou évoluée, les chiens suivant une trace produite par un attelage pilote qui les entraîne dans la nature. Les choses sont très similaires, mais il n’y a pas de mise à mort.

Ou encore les parcs, où de pauvres bêtes sont lâchées et traquées, par des hystériques en mal d’amusement à leurs dépens. Les animaux s’enfuient, mais ne peuvent aller plus loin que les clôtures. Et où qu’ils aillent, ils sont retrouvés, désespérés, jusqu’à ce que finalement ils comprennent qu’ils n’ont aucune chance et acceptent leur sort funeste, aucune autre possibilité que mourir pour le plaisir de quelques cinglés lourdement armés.

Le déterrage, où de véritables fous hystériques envoient leurs chiens dans des terriers, puis ils creusent, pour extraire avec une pince comme de vulgaires objets les renards ou le blaireau, qui seront massacrés à coups de pelle ou la pince, véritable instrument de torture, qui a servi à les extraire.

Le piégeage, avec des pièges à mâchoires, où la pauvre bête prise souffre des heures et parfois tente même de se libérer en se rongeant la patte.

La glu, où des oiseaux viennent se prendre et se brisent les os en tentant de s’extirper de la colle.

La matole, où des passereaux protégés, désormais rares, seront ensuite noyés dans de l’alcool.

Ce qui se passe est hallucinant, des méthodes dignes d’une autre époque, issues du Moyen-Âge, où les animaux subissent le joug de l’Homme, où il n’y a plus de traque, plus de chasse, juste du massacre après un combat parfaitement inéquitable sans aucune noblesse.

Réguler autrement

La meilleure régulation est faite par l’alimentation chargée en contraceptif. Par exemple dans le Canton de Genève, en Suisse, qui est un canton très agricole. Une battue administrative tous les 20 ans et c’est tout et ça marche très bien. C’est paradoxal, mais c’est en réalité la prétendue « régulation » qui est à l’origine du surnombre de sangliers, qui ont été croisés à une époque avec des cochons pour donner plus de petits. Un sanglier naturel donne entre 2 et 5 petits. Un sanglier qui a des gênes de cochon peut en donner jusqu’à 7. Et par l’agrainage, consistant à les nourrir sous prétexte de faire en sorte qu’ils n’aient pas besoin d’aller ravager les champs cultivés, on s’assure qu’ils ont de quoi prospérer. Aujourd’hui, forcément, ils sont en surnombre. Si l’objectif de la chasse était de les réguler, ce serait fait. Mais non, l’objectif de la chasse c’est de veiller à ce qu’il y en ait toujours à abattre. La mauvaise foi règne à tous les étages dans cette chasse absurde, qui se produit à la battue, où des tireurs abattent tout ce qui sort de la forêt, poussé par des rabatteurs. Appeler ça « chasse » est un peu pompeux…

Pour avoir le permis

Deux ans d’aspirant chasseur qui va avec l’ONCFS faire les inventaires, soigner les bêtes en montagne l’hiver, vacciner les renards, pratiquer les mesures de conservation. C’est par exemple le cas dans le canton de Berne, en Suisse. De fait, celui qui est chasseur à la fin, non seulement est bien plus compétent, mais il a démontré sa détermination à être dans la nature avant de chercher la chasse pour la chasse.

Durant ces deux ans l’aspirant chasseur se forme. A la sortie, il est un vrai spécialiste animalier, un partenaire authentique qui a un vrai rôle de conservation, en plus d’être un amoureux de la nature qui est passé par une vraie étape avant de pouvoir se balader dans la nature avec son arme.

Une fois le permis acquis

Un examen succinct, théorique oral, sécurité de base et tir sommaire, tous les 5 ans. Pas de gros chichis, il s’agit juste qu’un expert voie le chasseur, son aisance, son comportement, ses connaissances. Pas qu’il croie que tout ce qui est âne, vache, passant, est une biche, les cochons et les chiens des sangliers et tout ce qui vole une tourterelle. Et je ne dis pas ça en l’air, sans jeu de mot, j’ai vu de mes yeux des chasseurs tirer après avoir dit : « oh, la putaing de belleuh tourterelleuh »… Ou encore « ouh la putaing de belleuh bicheuh »… en voyant quelque chose qui marche à 4 pattes. Ne nous étonnons pas que des ânes, des chevaux, soient abattus.

Cinq jours de chasse par semaine

On ne tire pas le mercredi et le dimanche, histoire d’offrir des répits aux animaux.

Battues interdites

Sauf administratives sous l’égide d’un agent de l’Etat, externe à l’ACCA concernée. La chasse devrait se pratiquer seul, pas avec des rabatteurs et des abatteurs sur leur plate-forme qui massacrent tout ce qui passe à portée de tir. Si ils veulent faire du ball-trap, ça tombe bien, on l’a inventé aussi. La chasse est une traque, pas un abattage.

Durcissement de l’interdiction de l’utilisation de dispositifs de communication

Comme les talkie-walkie et les smartphones. La corne, c’est pour le folklore, les chasseurs, je les vois bien, tout autour de chez moi, qui passent leur temps au téléphone pour dire où ils sont, ce qu’ils font. C’est un peu facile. Je ne dis pas qu’il faut leur retirer leurs fusils et qu’ils se débrouillent pour attraper le gibier à la course, mais au moins qu’ils fassent preuve de loyauté et laissent une chance à l’animal qui lui ne dispose pas de moyens modernes de communication pour s’organiser et lui échapper. L’objectif de la chasse est la traque, pas de ne laisser aucune chance à l’animal.

« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » Pierre Corneille (qui n’est du coup pas une tourterelle).

Introduction de l’ethylotest surprise

Aussi bien par les forces de l’ordre que l’ONCFS. Tout agent assermenté doit pouvoir vérifier l’état des chasseurs à tout moment. On se souvient du sketch des Inconnus, ce qu’on sait moins, c’est que dans ce sketch, ils jouent les chasseurs le lendemain, quand ils ont cuvé, le soir avant ils étaient trop bourrés. Ca aurait fait plus vrai, mais ça aurait fait jaser.

Il est question de l’ethylotest depuis longtemps, mais les chasseurs remplissent un rôle électoral bien trop crucial pour qu’on ose s’y attaquer. Et qu’on le veuille ou non, un certain nombre sont réellement bourrés avec leur fusil.

Examen régulier des armes par un armurier autorisé

Fonctionnement, état général visuel, précision. 5 minutes en tirant une cartouche, mais à faire tous les 5 ans en même temps que l’examen succinct. Du coup, le permis doit référencer les armes susceptibles d’être utilisées par le chasseur. Un certain nombre d’armes relèvent plus de la pétoire qu’autre chose.

Entre la sécurité qui ne se verrouille plus et se décroche au moindre choc, la bascule qui a du jeu, le percuteur usé qui rate son coup deux fois sur dix… j’ai personnellement tout vu en matière d’armes de chasse. Une bonne arme, c’est la sécurité de base. Elle peut être vieille, à courte ou longue portée, mais elle doit être entretenue pour être fiable.

De vraies sanctions

Utilisation d’une arme non référencée dans le permis ou le registre de l’ACCA en cas de prêt ou d’utilisation occasionnelle d’une autre, non certifiée par l’armurier >> retrait du permis jusqu’à la fin de saison.

Braconnage >> selon quantités, mais de l’annulation du permis jusqu’à la fin de saison au retrait de permis à vie. Prison, amende, tout ça…

CA c’est une réglementation…

Et avec ça, terminé les viandards, il n’y a plus que ceux qui aiment la nature, qui vont à la chasse par plaisir, éventuellement sans fusil.

Si un jour nous avions ça, alors je pense que je deviendrais chasseur.

3 Comments

REGAGNON Alain

Il est vrai que l’on a peur de se promener en campagne les jours de chasse, peur pour nous et pour nos chiens. Il ne faut pas généraliser, il y a beaucoup de vrais chasseurs, mais il y a aussi pas mal de tarés qui sont de vrais dangers publics, pour eux et surtout pour les autres.

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Baihele

je suis d’accord sur le principe en revanche pas sur le final :
cela ne doit pas être un plaisir mais une nécessité que de chasser ( manger, faire des oreillers (avec les plumes :-p))

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Thierry Curty

Bonjour,

Merci de votre commentaire.

Vous savez, manger un animal comme un sanglier ou un chevreuil, c’est délicieux et même si je ne suis pas un gros mangeur de viande, je crois que je ne cesserai jamais. Je comprends votre position, mais mon propos est surtout de dénoncer l’acharnement à tuer, lorsque manger devient un prétexte. Quand ils fument un faisan qu’il suffirait de se baisser pour le prendre vivant, il ne faut pas prétendre que ce faisan n’a pas été lâché juste pour satisfaire une envie de tuer.

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