Une politique pour l’emploi qui affaiblit les entreprises technologiques françaises

Contrairement à ce qu’on peut croire, la France excelle dans de nombreux domaines, notamment les hautes technologies. Il suffit de voir le nombre croissant d’entreprises du secteur. Que ce soit dans les technologies médicales, les voitures autonomes ou encore l’intelligence artificielle, la French tech est dans tous les domaines. Cependant, on s’aperçoit qu’elle a du mal à émerger face aux géants américains et chinois. Elles manquent de ressources financières pour continuer à s’épanouir.

Cette situation est la conséquence directe de notre volonté à toujours subventionner les vieilles industries pour conserver l’emploi. En effet, tous les capitaux dilapidés dans les vieilles industries sont autant de capitaux qui ne vont pas dans des entreprises technologiques dont la France aurait largement la capacité de développer. Ce qui fait que technologiquement parlant, nous sommes dépendants des américains par les GAFAM (pour rappel, Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), faute d’avoir les notre.

Un secteur des technologies incompatibles avec la politique pour l’emploi

Pour se remettre dans le contexte, nous sommes à une époque où l’automatisation permet de faire travailler les machines à la place des humains. Ainsi, les machines, qui jusque là avaient besoins d’un homme pour fonctionner, peuvent travailler seules. De ce fait, le travail devenant de moins en moins nécessaire, le chômage de masse s’est peu à peu introduit dans notre économie. Cela aurait pu être une opportunité de libérer l’homme de l’obligation de travailler pour gagner sa vie. Seulement, on a préféré maintenir l’emploi à tout prix.

Sachant que les entreprises n’ont plus besoin d’autant de main d’œuvre pour produire les biens et les services, l’État les subventionne. Le problème, c’est qu’en étant subventionnées, ces mêmes entreprises sont tenues de créer ou simplement de conserver les emplois. Ce qui implique que la technologie, qui pourrait en supprimer car n’ayant pas besoin d’autant de salariés pour fonctionner, reste au second plan. Les vieilles industries, pour continuer de fonctionner, malgré qu’elles ne créent plus autant de richesse en raison de la faible valeur ajoutée de leur production, reçoivent l’essentielle des subventions. Ce pour assumer le coût exorbitant du maintien de l’emploi, afin de ne pas faire reposer ce coût sur les clients. En effet, l’augmentation des prix des produits à faible valeur ajoutée, émanant des vieilles industries, dissuaderaient les clients qui n’auraient pas d’autre choix que de se tourner vers les pays émergents qui produisent la même chose, mais avec des coûts de productions moindres. Ce qui nous ferrait perdre des parts de marché.

Faute de débouchés commerciaux, les entreprises technologiques manquent de financement

Le problème, c’est que dans cette optique, les entreprises produisant des produits technologiques ne trouvent pas de débouchés, notamment du fait que leurs clients potentiels ne doivent pas mettre trop de technologies dans leurs entreprises au risque de supprimer des emplois. Ce qui n’irait pas dans le sens de la politique pour l’emploi. Comme ces entreprises ne donnent pas autant de travail, elles ne reçoivent que peu de subventions, ce qui les met davantage en difficulté. Du coup, en l’absence de géant technologique français, il ne reste sur le marché que les américains et leurs GAFAM ou encore les chinois.

L’autre problème, c’est qu’en aillant peu de perspectives de trouver des clients pour les raisons invoquées précédemment, sans compter sur le fait qu’elles n’inspirent peu confiance financièrement parlant du fait qu’elles ne reçoivent pas autant de subventions, ces entreprises ont également du mal à trouver du financement. De ce fait, elles ne lèvent tout au plus que quelques dizaines de millions d’Euros, ce qui n’est pas suffisant pour financer des recherches supplémentaires dans le but de perfectionner leurs produits, ou encore se développer à l’internationale.

C’est fort dommage, alors que la France a tant d’atouts pour développer un pôle technologique et être une pionnière dans l’automatisation. Ce n’est pas pour rien que les GAFAM disposent de nombreux centres de recherche sur le sol français. De ce fait, non seulement ils nous ravivent des parts de marché, mais en plus, ils profitent de notre savoir-faire.

Il faut abandonner cette politique pour l’emplois afin de redonner de la vigueur aux entreprises technologiques

La seule façon de revaloriser nos entreprises technologiques, c’est d’abandonner la politique pour l’emploi et d’adapter la société à la fin du travail. Les nouvelles technologies, étant des industries à forte valeur ajoutée, ne créeront pas autant d’emplois que les vieilles industries, mais créeront beaucoup plus de richesse. Si cette création de richesse n’est plus redistribuée via les salaires, il faudrait mettre en place un système visant à la redistribuer autrement.

Puisque dans la foulée de cette automatisation de la production de biens et de services, il y aura de moins en moins de création de richesse à redistribuer par les salaires, il faudra bien qu’elle soit redistribuée d’une manière ou d’une autre.  Par ailleurs, comme le souligne si bien Thierry Curty dans cet article, une entreprise doit payer des impôts sur ses bénéfices pour faire en sorte que ses clients s’enrichissent et puisse ainsi bénéficier d’un environnement propice au commerce, sans quoi elle n’a pas la moindre utilité pour la société. Le commerce, à l’instar de la guerre ou de l’amour, c’est un jeu qui ne peut se jouer qu’à deux.

C’est pourquoi il ne serait pas impertinent qu’elles paient à l’avenir un impôt sur les sociétés d’un taux d’au moins 40 %. En contrepartie, on pourrait les subventionner non plus pour qu’elles créer des emplois, mais pour automatiser de sorte que les entreprises concernées créent de la richesse. Création de richesse qui ne pourra qu’être abondante sachant qu’elles n’auront de plus de dépenses liées aux infrastructures nécessaires au salariés. Sans compter sur le fait qu’elles pourront produire moins mais cher. Ainsi les bénéfices s’en trouveront largement augmentés grâce à la réduction du coût marginal qu’induira cette automatisation.

Cette proposition s’inscrirait dans la mise en place d’un contrat néo-social, que les entreprises signeraient pour être subventionnées en échange de payer plus d’impôts sur les sociétés. Contrat néo-social qui pourrait aussi proposer un label qui certifiera les entreprises signataires comme étant responsables sociétalement et écologiquement parlant. En effet, une production automatisée, est une production sans souffrances des salariés, puisque les humains ne travailleront plus dans les tâches pénibles. De plus, la production pourra être réorientée vers le qualitatif et non plus le quantitatif, ce qui ne nécessitera plus de gaspiller de l’énergie et des matières premières, sans oublier les déchet générés en grande quantité. Ce label sera d’autant plus incitatif pour que les entreprises signent ce contrat néo-social, que cela leur permettra de gagner une certaine confiance vis-à-vis de leurs financiers qui seront, par le bais de l’Action Mutuelle d’Investissement, les individus, plus enclins à financer des projets responsables sociétalement et écologiquement parlant.

Une série de mesure pour mettre en place un environnement collaboratif

Pour les individus, il suffirait mettre en place de quoi les sortir de l’obligation de travailler pour gagner leur vie. À la place, on met en place une série de mesure qui permet la mise en place d’un environnement collaboratif et ce pour qu’ils disposent capitaux et conseils pour lancer leurs activités, avec lesquelles ils gagneront vraiment leur vie.

Dans cette série de mesure, il en faut une pour permettre aux individus de toucher le minimum de part de création de richesse à laquelle ils ont droit du simple fait de leur existence. En effet, quel que soit ce qu’on fait dans la société, on crée de la richesse, notamment en visionnant des publicités sur internet et même dans la rue, ou simplement en faisant nos courses du quotidien. Ce premier élément, c’est le revenu universel, calculé sur la base d’un impôt négatif, qui le diminuer au fur et à mesure que les individus concernés augmentent leurs revenus en parallèle. C’est ce qui se fait déjà avec la prime d’activité. Cependant, cela ne sera pas suffisant pour que les individus, notamment ceux qui ne disposent pas de moyens conséquents, démarrent seuls leur projet. Il leurs faut des capitaux pour cela.

C’est là qu’intervient le second élément, qui est la mise en place d’une série de mesures fiscales qui, en plus de succéder à l’impôt sur le revenu, incitera les riches à réinvestir leurs capitaux dans l’économie réelle. Cette série se compose de trois impôts que sont l’impôt sur le niveau de vie, l’impôt sur l’inégalité et enfin un nouvel impôt sur les dividendes. Mais cela ne suffit toujours pas. En effet, l’investissement des capitaux des riches seuls n’est ni plus ni moins qu’un transfert d’une poche à une autre. Or, il faut créer de la richesse. De plus, dans cette configuration, seuls les riches pourraient investir dans l’économie réelle, et ce n’est justement pas le but recherché. Il faut que l’individu lambda puisse aussi influencer sur des projets en disposant d’une certaine capacité d’investissement. Sans compter sur le fait qu’il faille fédérer l’ensemble des acteurs économiques, financiers et porteurs de projet, pour que tout le monde s’y retrouvent avec d’un côté les financiers qui sauront où investir leurs capitaux et les porteurs de projets qui pourront disposer davantage de visibilité et de soutien logistique.

C’est là qu’intervient le troisième élément qui deviendra le pilier de l’économie du XXIème siècle : l’Action Mutuelle d’Investissement. Il s’agit d’une plateforme de financement participatif qui réunira les capitaux de l’ensemble de la société, riches et moins riches, et disposant du levier bancaire, pour ainsi démultiplier la capacité d’investissement des individus et créer de la richesse. Ce levier bancaire sera particulièrement utile pour les individus issus de la diversité car non seulement cela démultipliera leur capacité d’investissement, et donc leur influence dans l’économie réelle, mais en plus, cela sécurisera d’avantage leurs capitaux puisque ce ne seront pas leur argent qui sera directement émis, mais bien de la monnaie crée et empruntée aux banques partenaires, pour les investissements en question.

À noter que toutes les mesures citées doivent fonctionner de concert l’une de l’autre. Si elles sont mises en place individuellement, la société ne pourra pas fonctionner. Voilà pourquoi le revenu universel seul, par exemple, serait un échec, voire un coût s’il était mis en place seul. Il en est de même pour les autres mesures.

 

Bref, on délaisse nos industries de haute technologie au profit des vieilles industries sur l’autel de la sauvegarde des emplois, puisque les industries technologiques n’en ont pas autant besoin pour produire. Ce qui laisse la France à la traîne face aux américains et aux chinois qui peuvent non seulement s’accaparer le marché, mais aussi le savoir-faire français puisque leurs entreprises y disposent de nombreux centres de recherches. La seule façon de revaloriser ces nouvelles industries, c’est de faire la Transition Sociétale pour adapter la société à la fin du travail et ainsi orienter notre production vers les nouvelles technologies qui créeront bien plus de richesse que les vielles industries.

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