La consommation de masse : une manière de redistribuer la création de richesse

On évoque souvent de la consommation de masse comme un élément inhérent à notre société capitaliste. Or, il se trouve que cette consommation de masse n’a été qu’un moyen de faire ruisseler l’incroyable création de richesse permise par les progrès de la technologie du XXème siècle. Si cette consommation de masse a été le symbole des Trente Glorieuse, elle avait un seul objectif : donner du travail à un grand nombre de personne. Objectif qui a permis à la majorité de la population de sortir de sa condition de subsistance dans les campagnes et de disposer ainsi d’un travail salarié, ouvrant la possibilité de prétendre à un revenu stable, des aides sociales et une retraite. Bref, autant d’élément qui ont permis à la population de jouir d’un nouveau de vie minimum, longtemps réservé à quelques privilégier.

Après le paternalisme, une alternative pour redistribuer de la création de richesse s’imposait

Alors que la Seconde Guerre Mondiale est passée et que le système paternaliste a trouvé ses limites avec la crise de 1929, qui a indirectement conduit à ce même conflit avec la paupérisation de la population qui a donné du grain à moudre aux populistes, il fallait trouver un nouveau système de redistribution de création de richesse pour la faire ruisseler sur la population. C’est dans ce contexte qu’on a tiré le constat que pour élever la population, il faut qu’elle ait du travail. Or, le travail était encore indispensable à cette époque où les machines ne pouvaient toujours pas fonctionner seules, bien qu’elles étaient plus performantes avec l’arrivée de l’électricité et du pétrole. Seulement, pour donner du travail à un grand nombre de personne, il faut produire énormément. En effet, cela prend beaucoup de personnes pour produire, gérer les stocks, transporter ou encore distribuer. Il faut également faire en sorte que le produit soit jetable, pour qu’on le renouvelle le plus vite possible et ainsi sauvegarder les emplois et ainsi redonner de quoi faire fonctionner la machine économique. Il fallait aussi faire en sorte que cette production soit le meilleur marché possible, pour permettre à tout le monde d’acheter malgré son faible salaire. C’est ainsi qu’est née la société consumériste du XXème siècle.

Une société consumériste qui a élevé le niveau de vie de la population

Avec l’expansion des besoins des salariés qui s’enrichissent grâce aux mesures sociales, il faut de plus en plus de main d’œuvre pour répondre à ces besoins. L’exode rural s’accélère et de plus en plus de personnes se salarient, ce qui leur permet d’avoir accès à un niveau de vie stable avec un salaire, des avantages sociaux pour eux et leur famille, une retraite. Les consommateurs deviennent de plus en plus nombreux, ce qui permet d’augmenter considérablement la création de richesse du pays et ainsi permettre à L’État, qui récupère sa part par les impôts, de fournir des services qui ont contribué à élever le niveau de vie de la population à un niveau jusque-là jamais atteint. Services que sont la santé, l’éducation, la culture, etc.

Un système cumulant les inconvénients au fur et à mesure que la population disposant d’un niveau de vie correct augmente

Seulement, cette société consumériste consommait beaucoup d’énergies et de matières premières du fait du très grand nombre de marchandise qu’il fallait produire. Marchandise qui, comme mentionné précédemment, devait être stockée, transportée et distribuée à l’aide d’un grand nombre de salariés. Ce qui n’avait encore que peu d’importance au commencement de ce système, au regard du fait que la population mondiale n’était que de 2,5 milliards d’habitants au cours de la décennie 1950. Population mondiale dont la majorité était encore dans les pays du Tiers monde, si elle n’était pas tout simplement colonisés, et ne jouissait pas encore d’un niveau de vie convenable.

La situation a commencé à se reverser dans les années 1980 où la population mondiale a dépassé les 4 milliards d’habitants. Le problème, c’est que ce nombre d’habitant représente le seuil au-delà duquel la Terre ne peut pas fournir de quoi vivre confortablement à toute la population. Ce qui conduit la population à se résoudre à la promiscuité. Population mondiale dont le niveau de vie a commencé à s’élever considérablement. Bref, le consumérisme atteint ses limites dans les années 1980. Décennie où l’automatisation des tâches fait son apparition dans le paysage industriel occidental et qui aurait pu changer la donne en permettant une réorientation de la production.

L’automatisation des tâches pour changer la donne, mais avortée par le désir de sauvegarder l’emploi

Tout cela aurait pu changer avec l’automatisation qui a commencé durant la décennie 1980 et qui a permis aux entreprises d’avoir de moins en moins besoin de salariés pour produire les biens et les services. En effet, sans le souci de donner du travail au plus grand nombre, on aurait pu orienter notre production vers le qualitatif et cher, plutôt que le quantitatif et bon marché. Seulement voilà, on a continué avec le modèle consumériste du XXème siècle dans le souci de conserver les emplois.

C’est pourquoi on continue de perpétrer sur notre sol les vieilles industries, qui produisent énormément et bon marché, car elles nécessitent beaucoup d’emplois. Alors on a continué de produire de grandes quantités de marchandises pour continuer à donner du travail au plus grand nombre. En effet, un très grand nombre de marchandise nécessite beaucoup de salariés pour produire, pour stocker, pour transporter, mais aussi distribuer.

Seulement, avec l’avancée de l’automatisation, il est de plus en plus difficile de faire marcher le système consumériste. En effet, les individus au chômage sortent du circuit économique en ne consommant plus, ce qui ralenti la machine. L’autre problème, c’est que de l’autre côté, produire énormément et en grande quantité, cela coûte cher. Alors l’État subventionne ces mêmes entreprises pour qu’elles aient les moyens de produire en grande quantité pour ainsi maintenir les emplois. Grâce à ces subventions, les prix peuvent rester bas, mais alors c’est le contribuable qui paie la différence, en payant des impôts pour permettre à l’État de s’endetter pour financer ces subventions et autres baisses d’impôts. Tout cela pour que perdure le consumérisme du XXème siècle.

Une nouvelle société bien plus vectrice de richesse, ce en produisant moins mais à plus forte valeur ajoutée

Il est tout à fait possible de faire en sorte que l’automatisation profite aux individus en les libérant de l’obligation de travailler pour gagner leur vie. De plus, cette automatisation contribuera à créer davantage de richesse que l’ancien système. En effet, si le souci n’est plus de créer des emplois, on pourra orienter notre production vers le qualitatif et cher. Les produits à forte valeur ajoutée étant chers, il n’y aura pas besoin d’en produire une grosse quantité qu’il faudra gérer par la suite. L’entreprise consommera moins de matières premières, d’énergies et générera moins de déchets. Elle n’aura pas non plus besoin de grandes usines nécessitant de grandes surfaces pour produire. De ce fait, non seulement l’automatisation de la production générera plus de bénéfice grâce à un coût marginal moindre, mais en plus, elle aura un impact environnemental moindre. Bref, produire moins sera bien synonyme de croissance et de respect de l’environnement, à condition que la production en question soit chère.

À l’avenir, les individus seront amenés à être de moins en moins propriétaires individuels de biens de consommation. Durant la période consumériste, le fait de posséder chacun sa voiture, chacun son pavillon, chacun son électroménager et ainsi de suite, n’avait pour but que de donner du travail à ceux qui les fabriquaient. Si le souci n’est plus de faire travailler les individus, ils seront d’avantage locataire des biens cités précédemment et qu’ils utiliseront de façon ponctuelle, selon leurs besoins. Par exemple, pour la voiture qui deviendra de plus en plus autonome, ce qui de fait la rendra plus chère en raison de son haut niveau de sophistication, tout le monde ne pourra pas en posséder une individuellement. En revanche, les individus pourront mettre en commun leurs moyens en créant une société dont ils seront actionnaires et qui possédera la, ou mêmes les voitures pour peu que plus d’un fondateur possède lui-même une voiture. Dans cette situation, la voiture autonome est mise à la disposition des individus qui ont créé la société. Ainsi, chaque fois qu’ils paient pour louer ses services, ils font en sorte que leur entreprise génère des bénéfices, ce qui leur permet de toucher des dividendes. Bref, les individus seront à l’avenir d’avantage propriétaires de sociétés qui loueront des biens, que propriétaires individuels pour répondre à leurs besoins. Par ailleurs, même des constructeurs automobiles commencent à s’adapter à ce mode de consommation en commençant à offrir des services de location de longue durée de voiture, et même de camion avec Volvo.

Des mesures politiques nécessaires pour permettre cette transition vers l’économie du XXIème siècle

C’est dans ce contexte qu’il faut adapter la société à la fin du travail. Pour cela, il suffit que l’État prenne une série de mesure pour mettre en place un environnement collaboratif qui donnera aux individus les moyens de contribuer à la société autrement que par le travail.

Dans cette série de mesure, il en faut une pour permettre aux individus de toucher le minimum de part de création de richesse à laquelle ils ont droit du simple fait de leur existence. En effet, quel que soit ce qu’on fait dans la société, on crée de la richesse, notamment en visionnant des publicités sur internet et même dans la rue, ou simplement en faisant nos courses du quotidien. Ce premier élément, c’est le revenu universel, calculé sur la base d’un impôt négatif, qui diminue au fur et à mesure que les individus concernés augmentent leurs revenus en parallèle. C’est ce qui se fait déjà avec la prime d’activité. Cependant, cela ne sera pas suffisant pour que les individus, notamment ceux qui ne disposent pas de moyens conséquents, démarrent seuls leur projet. Il leurs faut des capitaux pour cela.

C’est là qu’intervient le second élément, qui est la mise en place d’une série de mesures fiscales qui, en plus de succéder à l’impôt sur le revenu, incitera les riches à réinvestir leurs capitaux dans l’économie réelle. Cette série se compose de trois impôts que sont l’impôt sur le niveau de vie, l’impôt sur l’inégalité et enfin un nouvel impôt sur les dividendes. Mais cela ne suffit toujours pas. En effet, l’investissement des capitaux des riches seuls n’est ni plus ni moins qu’un transfert d’une poche à une autre. Or, il faut créer de la richesse. De plus, dans cette configuration, seuls les riches pourraient investir dans l’économie réelle, et ce n’est justement pas le but recherché. Il faut que l’individu lambda puisse aussi influencer sur des projets en disposant d’une certaine capacité d’investissement. Sans compter sur le fait qu’il faille fédérer l’ensemble des acteurs économiques, financiers et porteurs de projet, pour que tout le monde s’y retrouvent avec d’un côté les financiers qui sauront où investir leurs capitaux et les porteurs de projets qui pourront disposer davantage de visibilité et de soutien logistique.

C’est là qu’intervient le troisième élément qui deviendra le pilier de l’économie du XXIème siècle : l’Action Mutuelle d’Investissement. Il s’agit d’une plateforme de financement participatif qui réunira les capitaux de l’ensemble de la société, riches et moins riches, et disposant du levier bancaire, pour ainsi démultiplier la capacité d’investissement des individus et créer de la richesse. Ce levier bancaire sera particulièrement utile pour les individus issus de la diversité car non seulement cela démultipliera leur capacité d’investissement, et donc leur influence dans l’économie réelle, mais en plus, cela sécurisera d’avantage leurs capitaux puisque ce ne seront pas leur argent qui sera directement émis, mais bien de la monnaie crée et empruntée aux banques partenaires, pour les investissements en question.

À noter que toutes les mesures citées doivent fonctionner en concert l’une de l’autre. Si elles sont mises en place individuellement, la société ne pourra pas fonctionner. Voilà pourquoi le revenu universel par exemple, serait un échec, voire un coût s’il était mis en place seul. Il en est de même pour les autres mesures.

 

Bref, le consumérisme, où il fallait produire énormément et bon marché, n’a servi qu’à faire ruisseler la richesse crée grâce aux progrès de la technologie survenus au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Ce pour donner du travail au plus grand nombre et ainsi lui permettre de toucher un salaire, d’autant que les machines ne pouvaient toujours pas fonctionner seules. Maintenant que les machines le peuvent, il serait temps de faire la Transition Sociétale pour adapter la société pour ainsi réorienter notre production vers le qualitatif et cher, ce qui serait meilleur non seulement pour l’économie, mais aussi pour l’environnement.

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