Ukraine : une guerre russaméricaine

Une guerre à laquelle les russes n’ont pas cherché à participer, imposée par les américains. Un peu comme si votre voisin avait décidé de vous déclarer la guerre et que vous ne souhaitiez pas participer. Si votre voisin balance ses ordures dans votre jardin, vous serez bien obligé de les enlever. Avec la différence que Poutine n’est pas homme à se laisser intimider, bien au contraire, il est un stratège que l’on a humilié dans les années 90, alors qu’il nous ouvrait grands les bras et qu’en retour on l’a tout bonnement souffloté, pour ne pas dire cracher à la gueule, nous sommes quand même sur un blog public, on ne peut pas dire n’importe quoi.

…C’est que les américains n’ont pas d’amis, ils ont des intérêts… faisons un peu le tour de la chose…

Voici une carte que j’ai réalisée pour poser le problème géographiquement.


Qu’y voit-on ? La base militaire de Rostov-sur-le-Don en-haut à droite, l’une des plus importantes bases russes. Pour accéder à la Méditerranée, les russes doivent traverser la Mer d’Azov, puis le Détroit de Kertch, que l’OTAN a tenté de contrôler en européanisant l’Ukraine et donc la Crimée, contraignant Poutine à l’annexer s’il voulait toujours pouvoir passer. Le point rouge sur la Crimée est la base de Sébastopol, qu’il aurait fallu fermer également.
Ensuite, ils traversent la Mer Noire, jusqu’au Bosphore (turc, c’est là que les enjeux géopolitiques se jouent, la Turquie est la clé de l’Ordre mondial militaire), puis la Mer de Marmara, qui donne sur les Dardanelles (où on a mené la guerre pour tenter de les bloquer durant la première guerre mondiale), puis la Mer Égée et, enfin, la Méditerranée, où ils ont une base en Syrie, à Tartous, ce qui ne plaît évidemment pas aux américains. D’autant que les russes sont également partenaires des iraniens.

Pourquoi ne passent-ils pas par leur côte Est au Nord de la Géorgie ? Pour ça il faudrait soit qu’ils aient toujours une base en Georgie, ce qui n’est donc plus le cas. Soit avoir une base directement sur leur territoire, à Novorossiisk. Seulement leur base de sous-marins à Rostov-sur-le-Don, c’est quelque chose de gigantesque, pas une base satellite comme l’est Sebastopol ni comme celle qu’ils ont commencé à Novorossiisk, qui ne devrait être qu’un grand port et devait être livrée en 2020, mais avec toutes ces tensions, elle est aujourd’hui loin d’être achevée. D’autant que la Géorgie n’apprécie pas du tout être prise en étau entre une base russe au Nord et l’OTAN par la Turquie au Sud. C’est que remplacer la base de Rostov-sur-le-don n’a rien d’anodin. Il faut bien comprendre de quoi nous parlons, une base comme celle de Rostov, ce n’est pas la base de sous-marins de Brest, c’est une ville, ça s’étend sur une bonne centaine de kilomètres, avec des ports en eau profonde capables d’accueillir des porte-avions, des ports couverts pour les sous-marins, des ports de commerce, c’est absolument gigantesque. Construire une base à cet endroit revient à militariser toute la côte. Et la base de Novorossiisk n’était d’ailleurs pas prévue à la base pour avoir l’ampleur de celle de Rostov ni même être une base de sous-marins, mais juste un immense port. Recrée la base de Rostov est un autre chantier. A côté, les 14 EPR de Macron relèvent de faire des pâtés dans un carré de sable. De fait, sur le fond c’est vrai, les russes ont bel et bien un accès à la Mer Noire depuis la côte Est. Si ils veulent y accéder en Zodiac, ça ne pose aucun problème. Pour y héberger une flotte nucléaire, c’est un peu plus compliqué.

Voici maintenant une carte géosphérique que j’ai réalisée pour montrer ce que ça impliquerait pour les russes de perdre le passage soit au Détroit de Kertch, soit au Bosphore, soit aux Dardanelles, chacun revenant au même constat : ils ne pourraient plus accéder à la Méditerranée depuis la Mer Noire.


En rouge, le petit trajet que cela représente aujourd’hui. En vert, le trajet qu’ils devraient parcourir soit par l’Est et le Pacifique Sud, soit par l’Ouest et l’Atlantique Nord puis le Detroit de Bering (où les russes et les américains se touchent, avec l’Alaska). Tout ça pour se retrouver à passer ensuite par le Détroit de Gibraltar ou le Canal de Suez, autant dire un péage de l’Otan. Des détours jusqu’à 25’000 km au lieu de 3700 km aujourd’hui. En bleu un trajet plus court passant par Gibraltar mais quand même au moins 6x plus long que l’actuel. Autant dire que la difficulté d’accès rendrait virtuellement caduque leur présence en Méditerranée et donc laisserait libre cours aux amé… à l’OTAN qui pourraient alors imposer leur impérialisme sans contre-pouvoir pour les contre-carrer, avec toutes les conséquences d’un oligopole militaire, fût-il plus ou moins ami.

Et pourquoi tout ceci ?

La clé de tout ceci se trouve sur cette carte que j’avais réalisée pour expliquer les intérêts géostratégiques américains vers la Chine :

Voilà qui entre directement en résonnance avec mon propos au-dessus.

Et voilà encore et toujours qui va dans le sens de mes explications géostratégiques avec les cartes. Certains se demandent pourquoi la Turquie ferait ça… mais elle est membre de l’OTAN et donc si l’OTAN le lui demande officiellement elle va devoir choisir et pour la Turquie, l’OTAN, c’est son lien avec l’Occident, quitter l’OTAN, c’est se rallier de fait au bloc de l’Est, avec toutes les conséquences que cela implique. A ne pas s’y tromper, dès le lendemain Erdogan dénoncera avec véhémence le comportement russe et s’exécutera en fermant le Bosphore aux russes malgré les accords de Montreux qui ne sont pas plus respectables que ceux de Minsk qui ont été foulés aux pieds par Zelensky puis Poutine.

Ce lien est le premier hyperlien dans l’article sur le grand plan américain sur la Chine cité plus haut, qui mène vers un post sur mon forum Le Monde en Chantier. Il est intéressant, parce qu’on y trouve l’interview de l’ambassadeur américain au Canada en 2012 qui dit clairement les intentions américaines d’abaisser le rideau de la guerre froide sur la Chine.

J’ai retrouvé un document EXCEPTIONNEL de l’interview de Helène Carrère d’Encausse en 2018 par le Sénat. Et la présidente de l’époque, Marielle de Sarnez de l’encenser sur sa pertinence, son intelligence, son ouverture d’esprit, etc… Et donc elle dit exactement ce qui est décrit ici, considéré aujourd’hui comme prétendument faux alors qu’on sait que des documents ont été retrouvés prouvant que s’il n’y avait pas de traité officiel sur le sujet, Gorbatchev a bel et bien échangé l’Allemagne de l’Est contre la non-extension de l’OTAN à l’Est, en pleine Perestroïka. Il s’imaginait avoir affaire à des hommes d’honneur. Une notion étrangère aux américains.

AUDITION DE MME HÉLÈNE CARRÈRE D’ENCAUSSE, SECRÉTAIRE PERPÉTUEL DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE, LE 4 FÉVRIER 2015

Andreï Makine: «Cracher sur la Russie n’aidera pas les Ukrainiens »

FIGAROVOX/ENTRETIEN – L’académicien franco-russe, prix Goncourt 1995, s’afflige de voir l’Ukraine transformée en «chaudron guerrier». Il se défend d’être pro-Kremlin et regrette une vision «manichéenne» du conflit «qui empêche tout débat».
Andreï Makine, né en Sibérie, a publié une douzaine de romans traduits dans plus de quarante langues, parmi lesquels Le Testament français (prix Goncourt et prix Médicis 1995), La Musique d’une vie (éd. Seuil, 2001), et, plus récemment, Une femme aimée (Seuil). Il a été élu à l’Académie française en 2016.
Texte complet de l’entretien :

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FIGAROVOX. – En tant qu’écrivain d’origine russe, que vous inspire cette guerre ?

Andreï MAKINE. – Pour moi, elle était impensable. J’ai en tête les visages de mes amis ukrainiens à Moscou, que je voyais avant tout comme des amis, pas comme des Ukrainiens. Le visage de leurs enfants et de leurs petits-enfants, qui sont dans ce chaudron guerrier. Je plains les Ukrainiens qui meurent sous les bombes, tout comme les jeunes soldats russes engagés dans cette guerre fratricide. Le sort du peuple qui souffre m’importe davantage que celui des élites. Comme le disait Paul Valéry, «la guerre, ce sont des hommes qui ne se connaissant pas et qui se massacrent au profit d’hommes qui se connaissent et ne se massacrent pas»
– Une partie de la presse vous qualifie d’écrivain pro-Poutine. L’êtes-vous
C’est une journaliste de l’AFP qui m’a collé cette étiquette il y a une vingtaine d’années. C’était juste après le départ de Boris Eltsine dont le bilan était catastrophique pour la Russie. Je lui avais expliqué que Eltsine, dans un état d’ébriété permanent, avec la responsabilité du bouton atomique, représentait un vrai danger. Et que j’espérais que la Russie pourrait devenir un peu plus rationnelle et pragmatique à l’avenir. Mais elle a titré : «Makine défend le pragmatisme de Poutine». Comme c’était une dépêche de l’AFP, cela a été repris partout. Et lorsque je suis entré à l’Académie, un grand hebdo, dont par charité je tairai le nom, a, à son tour, titré : «Makine, un Poutinien à l’Académie»… Cela en dit long sur le monde de mensonge dans lequel nous vivons.
– Vous condamnez l’intervention russe…
Mon opposition à cette guerre, à toutes les guerres, ne doit pas devenir une sorte de mantra, un certificat de civisme pour les intellectuels en mal de publicité, qui tous cherchent l’onction de la doxa moralisatrice. À force de répéter des évidences, on ne propose absolument rien et on en reste à une vision manichéenne qui empêche tout débat et toute compréhension de cette tragédie. On peut dénoncer la décision de Vladimir Poutine, cracher sur la Russie, mais cela ne résoudra rien, n’aidera pas les Ukrainiens.
Pour pouvoir arrêter cette guerre, il faut comprendre les antécédents qui l’ont rendue possible. La guerre dans le Donbass dure depuis huit ans et a fait 13 000 morts, et autant de blessés, y compris des enfants. Je regrette le silence politique et médiatique qui l’entoure, l’indifférence à l’égard des morts dès lors qu’ils sont russophones. Dire cela, ne signifie pas justifier la politique de Vladimir Poutine. De même que s’interroger sur le rôle belliciste des États-Unis, présents à tous les étages de la gouvernance ukrainienne avant et pendant la «révolution du Maïdan», n’équivaut pas à dédouaner le maître du Kremlin. Enfin, il faut garder à l’esprit le précédent constitué par le bombardement de Belgrade et la destruction de la Serbie par l’Otan en 1999 sans avoir obtenu l’approbation du Conseil de sécurité des Nations unies. Pour la Russie, cela a été vécu comme une humiliation et un exemple à retenir. La guerre du Kosovo a marqué la mémoire nationale russe et ses dirigeants.
Lorsque Vladimir Poutine affirme que la Russie est menacée, ce n’est pas un «prétexte» : à tort ou à raison, les Russes se sentent réellement assiégés, et cela découle de cette histoire, ainsi que des interventions militaires en Afghanistan, en Irak et en Libye. Une conversation rapportée entre Poutine et le président du Kazakhstan résume tout. Ce dernier tente de convaincre Poutine que l’installation de bases américaines sur son territoire ne représenterait pas une menace pour la Russie, qui pourrait s’entendre avec les États-Unis. Avec un petit sourire triste, Poutine répond : «C’est exactement ce que disait Saddam Hussein !».
Encore une fois, je ne légitime en aucune manière la guerre, mais l’important n’est pas ce que je pense, ni ce que nous pensons. En Europe, nous sommes tous contre cette guerre. Mais il faut comprendre ce que pense Poutine, et surtout ce que pensent les Russes, ou du moins une grande partie d’entre eux.
– Vous présentez la guerre de Poutine comme une conséquence de la politique occidentale. Mais le président russe ne nourrit-il pas une revanche contre l’Occident depuis toujours ?
J’ai vu Vladimir Poutine en 2001, peu après sa première élection. C’était un autre homme avec une voix presque timide. Il cherchait la compréhension des pays démocratiques. Je ne crois pas du tout qu’il ait eu déjà en tête un projet impérialiste, comme on le prétend aujourd’hui. Je le vois davantage comme un réactif que comme un idéologue. À cette époque-là, le but du gouvernement russe était de s’arrimer au monde occidental. Il est idiot de croire que les Russes ont une nostalgie démesurée du goulag et du Politburo. Ils ont peut-être la nostalgie de la sécurité économique, de l’absence de chômage. De l’entente entre les peuples aussi : à l’université de Moscou, personne ne faisait la différence entre les étudiants russes, ukrainiens et ceux des autres républiques soviétiques… Il y a eu une lune de miel entre la Russie et l’Europe, entre Poutine et l’Europe avant que le président russe ne prenne la posture de l’amant trahi. En 2001, Poutine est le premier chef d’État à proposer son aide à George W. Bush après les attentats du 11 septembre. Via ses bases en Asie centrale, la Russie facilite alors les opérations américaines dans cette région. Mais, en 2002, les États-Unis sortent du traité ABM, qui limitait l’installation de boucliers antimissiles. La Russie proteste contre cette décision qui ne peut, d’après elle, que relancer la course aux armements. En 2003, les Américains annoncent une réorganisation de leurs forces, en direction de l’Est européen
Poutine s’est durci à partir de 2004 lorsque les pays anciennement socialistes ont intégré l’Otan avant même d’intégrer l’Union européenne, comme s’il fallait devenir anti-russe pour être Européen. Il a compris que l’Europe était vassalisée par les États-Unis. Puis il y a eu un véritable tournant en 2007 lorsqu’il a prononcé un discours à Munich en accusant les Américains de conserver les structures de l’Otan qui n’avaient plus lieu d’être et de vouloir un monde unipolaire. Or, en 2021, lorsqu’il arrive au pouvoir, Joe Biden ne dit pas autre chose lorsqu’il déclare que «l’Amérique va de nouveau régir le monde».
– On a le sentiment que vous renvoyez dos à dos les Occidentaux et les Russes. Dans cette guerre, c’est bien la Russie l’agresseur…
Je ne les renvoie pas dos à dos. Mais je regrette que l’on oppose une propagande européenne à une propagande russe. C’est, au contraire, le moment pour l’Europe de montrer sa différence, d’imposer un journalisme pluraliste qui ouvre le débat. Lorsque j’étais enfant dans la Russie soviétique et qu’il n’y avait que la Pravda, je rêvais de la France pour la liberté d’expression, la liberté de la presse, la possibilité de lire différentes opinions dans différents journaux. La guerre porte un coup terrible à la liberté d’expression : en Russie, ce qui n’est guère surprenant, mais aussi en Occident. On dit que «la première victime de la guerre est toujours la vérité». C’est juste, mais j’aurais aimé que ce ne soit pas le cas en Europe, en France.
– Comment peut-on prétendre défendre la démocratie en censurant des chaînes de télévision, des artistes, des livres ?
De mon point de vue, la fermeture de la chaîne RT France par Ursula von der Leyen, présidente non élue de la Commission européenne, est une erreur qui sera fatalement perçue par l’opinion comme une censure. Comment ne pas être révolté par la déprogrammation du Bolchoï de l’Opéra Royal de Londres, l’annulation d’un cours consacré à Dostoïevski à Milan ? Comment peut-on prétendre défendre la démocratie en censurant des chaînes de télévision, des artistes, des livres ? C’est le meilleur moyen, pour les Européens, de nourrir le nationalisme russe, d’obtenir le résultat inverse de celui escompté. Il faudrait au contraire s’ouvrir à la Russie, notamment par le biais des Russes qui vivent en Europe et qui sont de manière évidente pro-européens. Comme le disait justement Dostoïevski : «chaque pierre dans cette Europe nous est chère».
– La propagande russe paraît tout de même délirante lorsque Poutine parle de «dénazification »
Le bataillon Azov, qui a repris la ville de Marioupol aux séparatistes en 2014, et qui depuis a été incorporé à l’armée régulière, revendique son idéologie néo-nazie et porte des casques et des insignes ayant pour emblème le symbole SS et la croix gammée. Il est évident que cette présence reste marginale et que l’État ukrainien n’est pas nazi, et ne voue pas un culte inconditionnel à Stepan Bandera. Mais des journalistes occidentaux auraient dû enquêter sérieusement sur cette influence et l’Europe condamner la présence d’emblèmes nazis sur son territoire. Il faut comprendre que cela ravive chez les Russes le souvenir de la Seconde guerre mondiale et des commandos ukrainiens ralliés à Hitler, et que cela donne du crédit, à leurs yeux, à la propagande du Kremlin.
– Au-delà du débat sur les causes et les responsabilités de chacun dans la guerre, que pensez-vous de la réponse européenne ?
Bruno Le Maire a été critiqué pour avoir parlé de guerre totale, mais il a eu le mérite de dire la vérité et d’annoncer la couleur, loin de l’hypocrisie de ceux qui envoient des armes et des mercenaires et entendent ruiner l’économie russe, mais prétendent qu’ils ne font pas la guerre. En vérité, il s’agit bien de provoquer l’effondrement de la Russie, l’appauvrissement de son peuple. Il faut le dire clairement : l’Occident est en guerre contre la Russie.
Cependant, s’il y a un aspect positif pour la possible démocratisation de la Russie, c’est que l’on va anéantir la construction oligarchique qui est une vraie tumeur depuis les années 90. J’invite les dirigeants européens à exproprier les oligarques prédateurs, à confisquer ces milliards de roubles volés et investis à Londres et, plutôt que de les bloquer comme on le fait aujourd’hui, à les donner aux pauvres en Europe et en Russie.
– Que peut-on faire d’autre ?
Pour cesser les hostilités, pour donner un avenir à l’Ukraine, on pense toujours qu’il faut avancer ; parfois il faut, au contraire, reculer. Il faut dire : «on s’est trompé». En 1992, après la chute du mur de Berlin, nous nous trouvions à une bifurcation. Nous nous sommes trompés de chemin. Je pensais alors véritablement qu’il n’y aurait plus de blocs, que l’Otan allait être dissoute car l’Amérique n’avait plus d’ennemi, que nous allions former un grand continent pacifique. Mais je pressentais aussi que cela allait exploser car il y avait déjà des tensions : dans le Caucase, en Arménie dans le Haut-Karabakh… À l’époque, j’avais écrit une lettre à François Mitterrand.
– Quel était le contenu de cette lettre ?
J’ignore s’il l’a reçue, mais j’évoquais la construction d’une Europe qui n’avait rien à voir avec le monstre bureaucratique représenté aujourd’hui par Madame von der Leyen. Je rêvais d’une Europe respectueuse des identités, à l’image de la Mitteleuropa de Zweig et de Rilke. Une Europe finalement plus puissante car plus souple, à laquelle on aurait pu adjoindre l’Ukraine, les Pays Baltes et pourquoi pas la Biélorussie. Mais une Europe sans armes, sans blocs militaires, une Europe composée de sanctuaires de la paix. Les deux garants de cette architecture auraient été la France et la Russie, deux puissances nucléaires situées aux deux extrémités de l’Europe, chargées légalement par l’ONU de protéger cet ensemble.
– Est-ce réaliste ?
La Mitteleuropa n’est pas une utopie, elle a existé. Je veux y croire et marteler cette idée. Il y a quelques années, j’ai rencontré Jacques Chirac puis Dominique de Villepin, qui partageaient cette vision d’une Europe de Paris à Saint-Pétersbourg. Mais les Américains en ont décidé autrement. Cela aurait signifié la fin de l’Otan, la fin de la militarisation de l’Europe qui, appuyée sur la Russie et ses richesses, serait devenue trop puissante et indépendante. J’espère tout de même qu’un nouveau président s’emparera de cette idée. L’Europe est un Titanic qui sombre et d’un pont à l’autre, on se bat.
Cette situation est tellement tragique, tellement chaotique, qu’il faudrait proposer une solution radicale, c’est-à-dire revenir à la bifurcation de 1992 et reconnaître qu’il ne fallait pas relancer la course aux armements, reprendre cette direction démocratique et pacifique qui pouvait très bien inclure la Russie. Cela damnerait le pion aux tendances extrêmes en Russie. Cela éviterait l’effondrement politique et économique qui concerne toute la planète. Ce serait une issue honorable pour tout le monde et cela permettrait de construire une Europe de la paix, des intellectuels, de la culture. Notre continent est un trésor vivant, il faut le protéger. Hélas, on préfère prendre le contre-pied de cette proposition : bannir Dostoïevski et faire la guerre. C’est la destruction garantie car il n’y aura pas de vainqueur.

Andreï Makine est clairement pro-russe et a même eu tenu des propos pro-Poutine, ça n’enlève rien à la pertinence de son analyse.

Il semble être avéré que Poutine ait commis une véritable erreur stratégique. Son attaque repose sur une revendication légitime unique de la Russie qui est la non-adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Mais dans les faits, jusqu’à présent il n’était que question de son appartenance, il n’y avait même pas une demande officielle, ce qui fait qu’il a attaqué un pays qui n’était pas son ennemi. Il a dû penser que puisque sa revendication était légitime, il trouverait du soutien quelque part et dans les faits, absolument rien, personne, même chez ses alliés, tout le monde est contre, y compris les chinois. Le peuple russe a déjà commencé à se lever, de manière minime, mais ça ne fait toujours que commencer. 1000 personnes arrêtées si vite, on peut imaginer que ça gonfle assez vite et même s’il se fout de l’opinion publique, jusqu’à quel point peut-il se le permettre ?

A moins qu’il ne se soit dit qu’il n’obtiendrait jamais gain de cause et n’ait décidé de contraindre l’Ukraine à d’autres accords ? Puisque que personne ne veut entendre, il a pris les devants pour consolider la position russe en remplaçant les accords de Minsk ? C’est possible.

Une chose est sûre et certaine, en s’engageant militairement, il a pris une décision irréversible. Tant qu’il n’était que question de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, il pouvait se contenter de menacer, de manigancer. Mais maintenant qu’il a attaqué, il n’a qu’une alternative : obtenir que ses exigences soient respectées… ou continuer la guerre, quitte à la répandre. Ce genre d’action, on sait toujours où ça commence, mais jamais où ça finit. Il a déjà menacé de sanctions les pays baltes pour leur soutien à l’Ukraine, et il faut rappeler qu’ils sont pris en étau entre la Russie… et la Russie, par son enclave européenne de Kaliningrad. Comme sa revendication était légitime, il pensait qu’il trouverait du soutien, fût-il passif. Et comme il s’attaquait à un pays littéralement indigent, il n’imaginait pas que les ukrainiens puissent se défendre. Dans sa vision, il n’imaginait certainement pas une guerre. Il pensait réaliser un coup de force en détruisant des objectifs militaires pour paralyser l’Ukraine puis ensuite négocier pour la faire plier.

N’oubliez pas que la Russie est la première puissance nucléaire mondiale. Poutine a manifestement pété un câble sous la pression des manigances diplomatiques des américains. Il est aux abois, il dit n’importe quoi, a perdu tout contrôle. Allez savoir ce qu’un tyran avide de pouvoir qui a perdu tout contrôle de lui-même serait capable de faire s’il lui suffit de presser un bouton pour se venger.

Il y a également les chinois, qui ont adopté une position non neutre. Si nous répliquions frontalement contre les russes, surtout si ce « nous » implique les américains qui sont le vrai point central de l’équation, ils pourraient bien entrer en action d’une façon ou d’une autre.

Et n’allez pas croire que quelles que soient les sanctions appliquées, ce n’est pas ça qui arrêtera Poutine qui s’arrêtera là où on décidera de l’arrêter, physiquement. A titre personnel je pense que Poutine a commis une erreur, mais c’est un stratège, pas un diplomate et donc il a voulu crever l’abcès en nous contraignant à intervenir militairement pour nous déterminer. Le problème, c’est que désormais, tant que nous n’interviendrons pas, Poutine va augmenter continuellement la pression et donc répandre la guerre en Europe et si nous intervenons, alors nous pourrions initier une guerre mondiale.

La première des choses que nous devrions faire c’est écarter les américains du conflit, c’est aux européens d’intervenir et d’écarter les américains limiterait le risque d’activation des chinois. Mais intervenir comment ? A quelle échelle, que devrions-nous faire ? Combattre les russes en Ukraine et ainsi détruire le pays que nous souhaiterions protéger ? Combattre les russes en Russie et ainsi acter la guerre et en faire nos ennemis, éventuellement amener à Poutine à avoir le doigt nerveux sur le bouton ?

Que pensez-vous que nous devrions faire ? Sachant qu’aucune sanction, aucune action diplomatique, aucune propagande, ne retiendra Poutine. Là il s’agit clairement soit de laisser faire, soit de ne pas laisser faire.

Je disais le 22 sur Facebook qu’à partir de cet instant vous ne pourriez plus croire ce que vous entendez, d’un côté comme de l’autre, la propagande étant l’un des piliers de la guerre qui exploite l’information comme toute autre arme. Et ça s’est bel et bien produit, le 21 l’OTAN était le problème, le 22 il était la solution, l’outil de communication s’était mis en ordre de marche avec la propagande de guerre. Ca ne veut pas dire qu’il y ait des fake news, juste qu’il s’agit de choisir son camp et on peut très bien dire la vérité sans faire preuve d’une pleine objectivité et d’un peu de mauvaise foi. Les médias disent la vérité, mais ils la disent comme il est bien de l’entendre. De l’autre côté, comme de juste, voilà que Poutine affirme avoir envahi l’Ukraine parce que les russophones subiraient un génocide et que l’Ukraine voulait se doter de l’arme nucléaire, il parle alors de « dénazification ». Alors que le camp occidental soutient que Poutine ne supporte pas de voir la démocratie s’installer en Ukraine, risquant de montrer ses avantages à son peuple et donc de le déstabiliser, lui qui existe malgré l’opinion publique.

On atteint véritablement des sommets, parce qu’alors il va pouvoir envahir tout le reste de l’Europe, puisque toute l’Europe répond aux critères de l’Ukraine, qui en fait était plutôt le moins prospère. Les pays baltes sont prospères et démocratiques, de même que la Roumanie, la Hongrie, la Pologne… tous des pays qui progressent. Si Poutine n’aime pas la démocratie, il va en avoir des pays à envahir après l’Ukraine.

C’est évidemment du n’importe quoi visant uniquement à dédouaner l’OTAN de sa responsabilité, de la pure propagande de guerre, qui va évidemment dans les deux sens. Nous ne sommes pas des anges et quand on a bombardé la Libye durant 18 mois sans mandat de l’ONU en 2011, sous prétexte d’un pays terroriste, menant au foutoir en Afrique du Nord que nous connaissons aujourd’hui, ou quand les américains ont bombardé Belgrade sans mandat de l’ONU en 1999, sous prétexte d’un pays nationaliste belliqueux, nous n’étions pas moins pires que Poutine, même si nous savons que nous sommes les grands gentils héros et eux les vilains méchants.

Les uns et les autres se cherchent des casus belli, comme les américains avec les armes de destruction massive de Saddam, c’est normal, la vérité étant toujours moins avouable. Il est inavouable pour le camp occidental de reconnaître que nous sommes les agresseurs avec l’OTAN pour satisfaire les intérêts américains, tout comme il est inavouable pour la Russie d’admettre qu’elle préfère compromettre la souveraineté et la libre indépendance de l’Ukraine pour ses intérêts. D’où l’intérêt de toujours trouver ce casus belli dans un prétendu intérêt général.

« L’ennemi est con, il croit que c’est nous l’ennemi, alors que c’est lui » Pierre Desproges.

De fait, chacun envoie ses vaillants soldats, héros courageux, combattre les vilains agresseurs barbares.

Dès lors, que pouvons-nous faire contre Poutine ?

Pas grand-chose et en tous cas rien militairement, ce cinglé étant tout-à-fait capable de déclencher une arme atomique. On ne peut rien faire contre un tyran aux abois qui a pété un câble et dispose de manière inconditionnelle de la plus grande puissance nucléaire existant sur Terre. Il fallait intervenir avant…en ne faisant pas des russes nos ennemis quand Poutine nous invitait à aller y exploiter leur formidable ressource naturelle et leurs gigantesques terres arables dans les années 90. Il nous a ouvert les bras, on lui a craché à la gueule, ça ne s’oublie pas, maintenant c’est la facture.

Les sanctions économiques contre la Russie ne représentent pas grand-chose puisque même si on s’attaque directement à Poutine, il ne sera pas particulièrement atteint.

Gel des possessions de Poutine : quelles possessions ? Ce qu’il possède ailleurs dans le monde appartient à des sociétés, possédées par des sociétés-écrans couvertes par des sociétés offshore… Ca va donner qu’on va geler quelques comptes, quelques villas, peut-être un yacht…

Sortir la Russie du système Swift : Lors des précédentes sanctions qui avaient en particulier attaqué le système agricole, la Russie en avait bavé durant deux ans. Mais deux ans plus tard elle avait amélioré sa production agricole, faisant qu’elle pouvait perpétuellement se priver de nos importations. La Russie va là aussi subir momentanément le choc, mais elle va créer son propre système de trafic des paiements, qui existe d’ailleurs déjà. Par ailleurs, il faut savoir que non, Swift n’est pas un « système de paiement mondial », 80% des transactions sur le monde ne passant pas par lui. C’est nous que ça va gêner, parce que les paiements étant retardés, ceux qui attendent des paiements russes vont subir des délais de paiement qui pourraient bien en ruiner plus d’un.

Autres sanctions, contre des oligarques ou l’économie : Bôf, ça n’empêchera pas Poutine de mettre du caviar au petit déjeuner sur ses toasts, ils ont bien assez de pauvres pour diluer la crise. Le pouvoir n’y verra rien du tout et la classe moyenne, pas grand-chose. Par contre, chez nous, ceux qui travaillent avec la Russie vont la sentir passer, ça va se traduire par des dizaines de milliards de pertes pour la France, mais également pour les autres pays d’Europe, bien évidemment.

En bref, autant dire que Poutine doit vraiment être vert de peur face à de si terribles menaces. Et il constate que personne ne s’oppose à son action et donc il n’a aucune raison de se priver de quoi que ce soit. Si ça se trouve, il n’avait peut-être même pas l’intention d’annexer l’Ukraine et voyant que rien ne se passe en face, il va le faire. Et alors il pourra s’attaquer à d’autres, la Tchéquie, la Slovaquie… les pays baltes…et l’OTAN ne réagira pas plus, parce qu’il a son doigt sur son fichu bouton et s’en vante. Lui n’a pas peur de tuer tout le monde alors que tout le monde a peur de mourir.

Interview de Poutine qui explique l’origine du problème. Je sais, c’est sur RT, qui est ce qu’elle est. Mais peu importe, écoutez ce que dit Poutine, qui est véridique de bout en bout pour bien comprendre le problème. Quand on nous dit dans nos médias que le problème n’est pas l’OTAN mais que « Poutine n’aime pas la démocratie », c’est véritablement un foutage de gueule, alors que ça fait 20 ans que la Russie dit que l’élargissement de l’OTAN et sa progression à l’Est, ce qui est une agression, est un casus belli.

Ca n’enlève rien à la barbarie d’une attaque d’un pays ami en pleine émergence. Et c’était stratégiquement une erreur magistrale, désormais l’Ukraine est convaincue que son intérêt est d’adhérer à l’UE et à l’OTAN. Mais des années, sinon des décennies de développement économique sont en train de passer à la trappe, avec des milliers de morts, c’est du très grand n’importe quoi, très malheureux. Si le problème était américain, c’était aux américains qu’il fallait déclarer la guerre. Les américains auraient de suite changé de ton, parce qu’ils n’aiment la guerre qu’à condition qu’elle soit loin de chez eux.
Malheureusement Poutine n’est pas un diplomate, mais un stratège, il n’envisage la puissance que par la force physique. Un diplomate aurait attaqué la cause et contraint les américains à discuter, Poutine a préféré attaquer le caillou dans sa chaussure.
Toujours, les arguments qu’il déroule sont non seulement parfaitement vrais, mais pertinents, même s’ils ne vont pas dans notre sens. Et un conflit ne se résout pas en étant convaincu de sa propre propagande.

Benjamin Rodier a lu Le Grand Echiquier de Brzezinsky, la Bible de la géopolitique américaine, paru en 1997, qui permet de comprendre l’intérêt géostratégique des Etats-Unis en Ukraine :

Lire
« A cet égard, l’effort américain porte vers trois régions clefs : l’Ukraine, essentielle avec ses cinquante-deux millions d’habi­tants et dont le renforcement de l’indépendance rejette la Russie à l’extrême est de l’Europe et la condamne à n’être plus, dans l’avenir, qu’une puissance régionale.

[…] L’indépendance de l’Ukraine modifie la nature même de l’État russe. De ce seul fait, cette nouvelle case importante sur l’échiquier eurasien devient un pivot géopolitique. Sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire en Eurasie. Et quand bien même elle s’efforcerait de recouvrer un tel statut, le centre de gravité en serait alors déplacé, et cet empire pour l’essentiel asiatique serait voué à la faiblesse, entraîné dans des conflits permanents avec ses vassaux agités d’Asie centrale.

[…] Pour Moscou, en revanche, rétablir le contrôle sur l’Ukraine – un pays de cinquante-deux millions d’habitants doté de res­sources nombreuses et d’un accès à la mer Noire-, c’est s’assurer les moyens de redevenir un Etat impérial puissant, s’étendant sur l’Europe et l’Asie. »

« L’indépendance de l’Ukraine modifie la nature même de l’État russe. De ce seul fait, cette nouvelle case importante sur l’échiquier eurasien devient un pivot géopolitique. Sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire en Eurasie. Et quand bien même elle s’efforcerait de recouvrer un tel statut, le centre de gravité en serait alors déplacé, et cet empire pour l’essentiel asiatique serait voué à la faiblesse, entraîné dans des conflits permanents avec ses vassaux agités d’Asie centrale. (…) Pour Moscou, en revanche, rétablir le contrôle sur l’Ukraine ― un pays de cinquante-deux millions d’habitants doté de ressources nombreuses et d’un accès à la mer Noire –, c’est s’assurer les moyens de redevenir un État impérial puissant, s’étendant sur l’Europe et l’Asie. »

« Au cours de la période suivante (soit de 2005 à 2010), l’Ukraine pourrait à son tour être en situation d’entamer des négociations en vue de rejoindre l’UE et l’OTAN. Cela exige des progrès dans les réformes et, à l’extérieur, une meilleure perception de son identité centro-européenne. »

« Face à ce gigantesque défi, l’Amérique doit réviser de fond en comble son approche géopolitique. En priorité, elle doit éviter que ne se développe une situation d’anarchie politique ou que le délabrement de l’État ne favorise l’émergence d’une dictature hostile, ayant la mainmise sur l’énorme arsenal nucléaire du pays. À plus long terme, elle doit encourager la transformation démocratique et le redressement économique en Russie. Il est indispensable qu’elle contre toute tentative de restauration impériale au centre de l’Eurasie, qui ferait obstacle à son objectif géostratégique numéro un: la mise sur pied d’un vaste système euro-atlantique, auquel la Russie elle-même a intérêt, puisqu’elle pourrait s’appuyer dessus pour garantir sa sécurité et sa stabilité. »

« Dans la terminologie abrupte des empires du passé, les trois grands impératifs géostratégiques se résumeraient ainsi: éviter les collusions entre vassaux et les maintenir dans l’état de dépendance que justifie leur sécurité; cultiver la docilité des sujets protégés; empêcher les barbares de former des alliances offensives ».

Zbigniew Brzeziński, Le Grand Échiquier.

Faut-il quitter l’OTAN ?

Techniquement, quitter l’OTAN serait tout-à-fait possible, mais les américains considéreraient ça comme une trahison. Leur précepte ? : Vous êtes avec nous ou contre nous.

De fait, nous sommes dans l’OTAN par contrat, les américains sont venus nous aider durant la Seconde guerre mondiale en échange d’un partenariat sécuritaire et économique. Voilà pourquoi la France a été le fer de lance de MacDo en Europe, entre autres choses. Nous sommes moralement obligés d’être dans l’OTAN aux côtés des américains pour assurer leurs intérêts, qui nous disent qu’ils sont moralement obligés d’être à nos côtés dans l’OTAN pour assurer notre sécurité. Quand Trump a poussé son coup de gueule en disant qu’il en avait marre que les américains assument notre sécurité tous seuls et qu’il fallait que nous augmentions notre budget défense à 2%, tout le monde a acquiescé ou presque. Ca revient à fournir aux Etats-Unis les moyens de sa politique internationale visant à nous empêcher d’être la première puissance mondiale à leur place.

Bien sûr, nous pourrions quitter l’OTAN et créer notre propre défense européenne. Nous avons aussi de l’armement à la pointe technologique, l’arme nucléaire, etc… Mais là n’est pas le problème. Le problème, c’est qu’avec leur principe de « vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous », les américains nous tiennent par le dollar. Si on quitte l’OTAN, ils nous ruinent, tout simplement.

Comment ils nous ruinent ? Eh bien c’est très simple : grâce à leur balance commerciale déficitaire qu’ils font assumer par la dette qu’ils couvrent avec des Bons du Tresor.

Comment ça marche ? Les américains importent bien plus qu’ils n’exportent. De la sorte, ils peuvent se passer des échanges avec nous puisqu’ils n’exportent presque pas. Et comme ils ont leur propre ressource naturelle et qu’ils ont un très haut niveau technologique, ils n’ont besoin de personne pour faire tourner leur économie. Pour nous, et leurs autres partenaires, dont les chinois, par exemple, mais aussi les russes, c’est très différent, ils sont un débouché économique essentiel. Les USA sont tellement importants pour notre économie qu’il leur suffit de surtaxer certaines importations, comme le vin ou le fromage pour que chez nous nous ayons des manifestations dans les rues, avec des entreprises qui font faillite.

Et donc soit on suit, soit ils nous privent de leur marché.

Et comment font-ils pour assumer cette charge qui leur permet d’utiliser le dollar comme arme ? C’est très simple : ils ont du déficit budgétaire, qu’ils doivent couvrir avec « la presse à billets ». Et pour compenser les émissions massives de dollars et éviter la chute du dollar, ils émettent des Bons du Tresor qui ne sont rien d’autre que des obligations sur leur dette souveraine. Et là, l’argument est très simple : si on n’achète pas leurs Bons du Tresor, alors le dollar va baisser, ce qui fait qu’ils pourront exporter plus chez nous, mais nous nous pourrons exporter moins chez eux à cause du renchérissement de nos productions. Alors, pas le choix, tout le monde achète des Bons du Tresor pour soutenir le dollar et ainsi éviter de perdre son marché. Et ça fait que tout le monde détient une véritable fortune en Bons du Tresor. Les chinois en détenaient pour 1000 milliards à un moment donné. Si ils les mettent en vente, le dollar chute et leurs exportations vers leur premier marché s’effondrent. Ils doivent donc les garder même si le ciel s’assombrit.

Tout cela implique que oui, nous pourrions quitter l’OTAN, mais avant cela il faudrait discrètement abandonner le marché américain. Ce que les américains, qui ne sont pas fous, surveillent de très très près, comme l’huile sur le feu et au moindre problème ils viennent à notre rencontre pour demander comment ça se fait que nos exportations vers eux ont baissé, sous prétexte que c’est peut-être le signe pour eux d’un affaiblissement de leur économie au niveau international et donc qu’il est de notre intérêt à les aider à détecter le problème parce qu’ils sont un débouché économique incontournable pour nous.

Pourquoi les américains peuvent se permettre çà et pas nous ? Tout d’abord… grâce à l’OTAN, qui fait des russes nos ennemis et donc nous coupe de notre ressource naturelle qui se trouve en Russie. Alors que les américains ont tout ce qu’il leur faut sur leur sol. Si nécessaire, ils peuvent s’entourer d’un mur et fonctionner en totale autarcie, leur marché intérieur assumera et ils ont les matières premières dont ils ont besoin. Ensuite parce que durant des décennies le dollar a été la seule monnaie internationale. A un moment donné il était présent dans près de trois-quarts des échanges. Aujourd’hui, grâce à l’euro il a reculé, mais l’euro représente encore et toujours moins du quart des échanges et le dollar la moitié. Entretemps les chinois sont arrivés sur le marché avec le Yuan qui représente déjà 15% des échanges, leur donnant un pouvoir considérable.

IL y aurait une solution pour contrer le dollar : que le Royaume-Uni adhère à l’Union européenne. En faisant ça, il adopterait l’euro, qui s’imposerait alors comme monnaie de change naturelle à 1,4 milliard d’habitants de la planète vivants au sein du Commonwealth. Ce qui donnerait une place prépondérante au sein de l’UE au RU, en tant que non seulement puissance nucléaire, mais également comme première nation monétaire et seconde économique, à peu près au niveau de la France avec qui elle se tire perpétuellement la bourre. Voilà pourquoi les américains manigancent si fortement pour maintenir le Royaume-Uni aussi éloigné de l’UE que possible. Mais il y a fort à parier que c’est pour cette raison que le RU soit sorti de l’UE. Cameron, pro-européen convaincu, tout-à-coup, sans que personne ne semble rien lui demander, se dit qu’on pourrait peut-être consulter le peuple sur l’UE. Et voilà le RU engagé sur la voie du Brexit. Parce qu’il savait que jamais le peuple britannique n’accepterait de renoncer à la Livre et d’adhérer à l’Espace Schengen. Il fallait d’abord que le peuple britannique prenne conscience de l’importance de l’Europe et subisse les conséquences du Brexit, ce qui est en train de se faire. Les régions les plus farouchement favorables au Brexit sont désormais favorables à l’UE. Ce n’est qu’une question de temps, le temps que les populismes s’étiolent, qu’un Premier ministre bien pro-européen prenne la parole, peut-être que le Prince Charles devienne roi…

…Mais les américains seront toujours derrière pour soutenir la propagande anti-UE au Royaume-Uni, il ne faut pas l’oublier, pour eux, c’est une question existentielle. Si le dollar se trouvait déclassé par l’euro, il y a toute une conséquence systémique qui se mettrait en place amenant à ce qu’à la fin nous quittions l’OTAN, que les russes deviennent nos amis et les américains retrouveraient alors leur place…

Vous noterez que je n’ai pas encore parlé de l’Histoire récente, depuis l’éclatement du bloc. Pourtant il y aurait bien de quoi en dire. Le président Leonid Koutchma avait fait du russe une langue nationale en Ukraine. Mais l’Ukraine devant être européenne (et dans l’OTAN, donc), ça n’allait pas dans le bon sens. Vikto Iouchtchenko a mené la Révolution Orange pour corriger le tir ce qui a engendré une période de troubles qui a perduré jusqu’à l’explosion dite de l’Euromaïdan, considéré comme « la révolution ukrainienne », en 2014. A ce moment-là l’Ukraine reprend la direction de l’Union européenne et de l’Otan.

Le régiment Azov, « les hommes en noir », cagoulés, était bel et bien réputé pour adopter une sémiotique nazie le massacre d’Odessa (le massacre des russophones) n’est pas une vue de l’esprit. Et que Zelensky interdise le russe dans l’espace public, on ne peut pas dire que ce ne soit pas fasciste. Néanmoins il ne faut quand même pas perdre de vue que Zelensky est juif et russophone. Ce qui ne l’empêche pas d’être pour l’indépendance de l’Ukraine et farouchement pro-européen et pour son entrée dans l’OTAN. Pour faire bon poids, il a produit une loi qui interdit tout bonnement le russe dans l’espace public.

De là à parler de dénazification, il ne faudrait peut-être pas exagérer, parce que nous pourrions en dire autant de nos propres organisations dont on sait que l’apanage des forces spéciales ou même de la police n’est pas particulièrement de vocation humaniste. D’une manière générale, quand un volontaire est suffisamment déterminé pour aller se faire casser la gueule en risquant sa peau, c’est un nationaliste radical, ce n’est pas un gauchisant de base.

Et en France nous avons aussi 40 et quelques pourcents de la population qui a voté nationaliste en 2017, est-ce que ça fait de la population française une nation nazie ?

Le fait est que le pays a dans l’Est des factions rebelles indépendantistes extrêmement violentes et soutenues par la Russie. A tort ou a raison, tout dépend du point de vue, mais c’est factuel. Les rebelles du Donbass ne sont pas les gentils résistants au méchant envahisseur nazi de l’Ouest. Mais il est vrai aussi que l’Ouest leur a envoyé le régiment Azov qui a commis le massacre d’Odessa. La politique anti-russes existe donc bel et bien en Ukraine.

Pour ma part, j’exècre au plus haut point les rebelles indépendantistes, où qu’ils se trouvent. Je n’ai rien contre les velléités d’indépendance, mais à condition que ce soit loyal et démocratique. Et il se trouve que la majorité au Donbass n’est pas pour l’indépendance. Raison pour laquelle les rebelles doivent faire la guerre, parce qu’ils savent que s’ils veulent l’indépendance, ils devront l’imposer par la force.

Tout ceci repose sur l’impérialisme russe que Poutine appelle de ses vœux et que l’OTAN cherche à empêcher. Poutine veut une « Russie puissante », c’est un fait et c’est de bonne guerre, si je puis dire, qui voudrait d’une France ou d’une Italie faible ? C’est la moindre des choses. Et la propagande occidentale fait tout pour nous faire imaginer une Russie envahissant les pays de l’ex-URSS pour se reconstituer, suscitant l’effroi. Ce n’est bien évidemment pas à l’ordre du jour, « rétablir la puissance russe » n’a rien à voir avec « reconstruire l’URSS ». Poutine ne s’est jamais caché de son intention de reconstruire un impérialisme russe pour revenir à une Russie puissante, il n’a jamais sous-tendu, à aucun moment, qu’il allait reconstruire l’URSS. Il en est nostalgique, c’est un fait, ça ne signifie nullement qu’il va envahir la Pologne. Il faut quand même rappeler que la Russie fait 145 millions d’habitants, c’est le plus grand pays du monde, un territoire gavé de ressource naturelle alors que son PIB est la moitié de celui de la France. Nous sommes donc bien loin du géant qui est en train de bouffer l’Occident qu’on nous présente à la télé dans les discours autorisés.

Et voilà pourquoi Poutine ne peut pas accepter que l’OTAN l’isole totalement à l’Ouest. Les russes n’ont pas à s’écraser pour ne pas gêner les occidentaux, ils ont bien évidemment le droit d’exister, d’autant que c’est nous qui les avons humiliés dans les années 90. Il n’en reste pas moins que Poutine s’est certainement imaginé trouver du soutien, il ne devait pas s’attendre à une telle unanimité mondiale contre lui. Et si déjà en Russie il y a les premières contestations, courageuses vu le fonctionnement institutionnel du pays, ce n’est que le début. C’est qu’il faut bien voir qu’à chaque fois dans l’Histoire où une attaque d’ampleur plus ou moins imprévisible s’est produite, au début l’occupé attaqué plie, il ploie devant la force brutale de l’ennemi. D’aucuns font référence à l’Anschluss, lorsque Hitler a envahi l’Autriche, ne rencontrant aucune résistance et qu’il a ainsi pu l’annexer en quelques jours. La situation n’est pas du tout la même ici, en Autriche, la population était favorable au discours d’Hitler qui appelait les allemands à faire partie de la Grande Allemagne. Et donc les autrichiens n’avaient pas l’intention de se défendre, ils l’ont simplement laissé s’installer et s’y sont soumis docilement.

Dans le cas présent, il est hors de question que les ukrainiens se soumettent. Et donc la résilience va se développer. Après avoir plié au début, sous l’arrivée fracassante d’une armée avec des blindés, des camions, l’occupé s’organise, se structure, se prépare à se défendre. Alors qu’en face, lorsque toute cette armée a débarqué, elle avait des vivres, des munitions, du carburant. Dans les colonnes de chars se trouvaient des camion-citerne, défendus par les chars qu’ils allaient alimenter. Un char ça consomme allégrement 30 litres heure. Durant les premiers jours, on fait le plein, on refait le plein, on refait le plein…puis les citernes sont vides. Les camions doivent alors retourner à leur base pour chercher du carburant, mais là ils ne sont plus protégés, ils sont le point faible et sans carburant, l’armée occupante est bloquée. Et aussi les vivres viennent à manquer, Dame, si on a plus de 30’000 hommes qui mangent trois fois par jour, ça fait 100’000 repas par jour qu’il faut assurer. Et, donc, l’armée occupante se retrouve à devoir protéger sa filière logistique, commencer à piller l’occupé, en plus de continuer à le combattre, ça devient vite compliqué et alors la résistance augmente. La pénétration impressionnante des premiers jours est stoppée, il y a les premiers reculs et les premiers morts.

Déjà aujourd’hui la population russe n’est pas favorable à la guerre, elle y est même très farouchement et massivement opposée. Après tout, les ukrainiens sont des frères, même Poutine est ukrainien, c’est dire. Ce sont deux peuples qui se ressemblent et s’apprécient. Il ne s’agit là véritablement que de raison d’Etat, en aucun cas d’intérêt général. Alors, bien sûr, que l’Ukraine n’adhère pas à l’OTAN peut être considéré comme relevant de l’intérêt général, mais voilà, elle n’est pas dans l’OTAN, il n’y avait même pas de procédure d’adhésion engagée. Si le peuple aurait peut-être pu soutenir Poutine s’il avait attendu que l’Ukraine soit sur le point d’entrer officiellement dans l’OTAN en lui disant clairement que c’est un casus belli et que si elle ne renonce pas il sera obligé de faire en sorte que ça ne se produise pas, là il ne s’agit que d’un dirigeant, légitimement élu, qui avait l’intention de faire adhérer l’Ukraine à l’OTAN et là l’argument ne tient plus. Parce que quoi qu’il advienne, dans l’immédiat l’Ukraine n’y était pas. Et donc la guerre était inutile, c’était uniquement un caca nerveux d’un dirigeant tyrannique exaspéré devenu dangereux.

…Mais maintenant que tout le monde se solidarise autour de l’Ukraine, qu’on leur envoie des armes, des vivres, qu’on l’encercle pour empêcher les débordements russes et même éventuellement donner un petit coup de main occasionnel l’air de rien de ci de là, les premiers morts vont se produire dans le camp russe. Attendons que les premiers défilés de cercueils de « jeunes héros russes morts dans l’exercice de leur devoir », inutile, se produisent dans les villes russes. Quand il y aura eu 1000, 3000, 5000, morts d’enfants russes, que leurs parents et amis devront enterrer, alors bien des choses changeront encore en Russie et un nouveau front s’ouvrira pour Poutine.

Comme de juste, au cinquième jour, comme prévu, les russes sont à court de carburant et de vivres, des soldats russes se sont retrouvés contraints à abandonner leur véhicules. La population ukrainienne a commencé à s’organiser, la résilience s’installe et les russes ont commencé à reculer, à Kharkiv et Odessa, des soldats russes ont été faits prisonniers. Quand les russes ont attaqué, ils s’étaient posément organisés, préparés, avant. Les ukrainiens eux ont été pris par le choc brutal. Maintenant la logistique russe va commencer à se complexifier et ils vont devoir l’organiser pour rester sur le territoire, alors que les ukrainiens eux, sont chez eux. Alors que les russes auront de plus en plus de difficultés logistiques, les ukrainiens en auront de moins en moins. Ce sera une guerre asymétrique, une guerre de guérilla. Mais de plus en plus la peur va changer de camp. Désormais les russes ne pourront plus envoyer une patrouille quelque part sans l’angoisse au ventre d’une embuscade de gars avec des carabines de chasse derrière les fenêtres et d’autres dotés de juxtaposés calibre 12 planqués dans les portes cochères qui vont leur balancer des cocktails Molotov.

Poutine annonce activer la force de dissuasion. C’est impressionnant, mais il ne faut pas s’y tromper, Poutine est dans l’outrance, l’exagération. Quand il a accusé le gouvernement ukrainien d’être nazi et drogué et de commettre un génocide sur les populations russophones, il était dans l’outrance. L’agression de l’Ukraine, clairement disproportionnée, relève de l’outrance. Maintenant il active la force de dissuasion, ça reste dans l’esprit de cette politique de l’outrance. Il joue la politique du fou, une méthode bien connue pratiquée par les tyrans qui ne se sentent pas écoutés, Kadhafi y faisait appel à grands coups d’excentricités diverses, une technique qui a deux avantages, le premier étant l’effet produit sur la cible qui se dit qu’étant devenu cinglé, il est potentiellement capable de tout. Allez savoir de quoi un tyran acculé qui sent sa fin arriver et le canon de son arme sur sa tempe est capable. Et donc tout le monde se met à marcher sur des oeufs. Mais peut-être ne l’est-il pas et au contraire a-t-il toute sa raison, dans ce cas il reste un interlocuteur. La seconde est  qu’il est facile de tenir plus tard un discours raisonnable en restant fort. Si votre propos est raisonné, vous n’avez pas de marge de manœuvre dans la gradation du niveau de votre discours. En passant pour un fou, dès lors que vous vous affichez comme satisfait et que vous tenez un propos raisonnable, tout le monde se dit que vous êtes revenu à la raison et alors le soufflé se calme. N’oubliez pas que dans l’affaire des missiles de Cuba les USA avaient également activé cette force de dissuasion pour convaincre les russes, qui s’étaient vus accuser de tout et n’importe quoi, de négocier. Tout comme les USA ne voulaient pas des missiles à leur porte, Poutine ne veut pas que la Russie se retrouve coincée par l’OTAN. Si cela se produisait, il perdrait toute influence diplomatique sur l’ordre mondial, les conséquences seraient catastrophiques et nous serions les premiers à le regretter.

Le 2 mars des véhicules russes dotés de roquettes thermobariques ont été vus. La guerre prend une nouvelle tournure. Ca démontre que Poutine est aux abois, désormais il est prêt à tout, prêt à détruire l’Ukraine plutôt que renoncer.
 
Il faut comprendre que les bombes thermobariques sont des armes de destruction massive. Leur portée est de quelques centaines de mètres. Il suffit d’en envoyer deux ou trois salves en éventail sur une zone de plusieurs kilomètres et tout ce qui vit qui n’est pas dans un environnement rigoureusement étanche est mort. Concrètement, lorsque la bombe thermobarique explose, elle diffuse dans l’air un produit très inflammable, qui est enflammé par une seconde explosion, ce qui brûle l’intégralité de l’oxygène présent dans l’atmosphère et donc comme tout feu, il l’aspire et brûle tant qu’il en trouve. Une bombe normale, si vous êtes dans un trou et qu’elle explose non loin de vous, la déflagration vous passe au-dessus. La bombe thermobarique n’est pas déflagrante, vous n’avez pas de refuge.
 
Si la Russie utilise cette saloperie, nous n’aurons pas d’autre choix que d’intervenir militairement, quoi qu’il en coûte, il ne sera pas possible de regarder faire. Si nos dirigeants étaient trop couards pour intervenir sous prétexte de risque nucléaire et de guerre mondiale, ils se décrédibiliseraient à leur tour définitivement, nous ne pardonnerions pas un génocide du peuple ukrainien. Et Poutine n’en n’est pas à son coup d’essai, rappelez-vous l’horreur Tchétchène, que nous avons passivement contemplé, certains se régalaient même de la destruction des « vilains terroristes ». Cette fois il s’agit de nos amis proches avec lesquels il n’est pas envisageable de faire preuve de la même lâcheté. Et donc soit l’Occident prend le risque d’enflammer le monde en allant aider les ukrainiens contre ce cinglé, soit notre société s’embrasera d’une crise politique sans précédent et non moins destructrice.

 

3 Comments

Francis REY

J’ai lu trop rapidement car je suis pris mais votre position semble compatible avec Ukraine on Fire d’Oliver Stone.
Très intéressé d’autant que cela fait quelques temps que vos positions me vont sur linkedin (transition sociétale écologique non rétrograde…).

J’ai rapidement chercher sur internet : je suis finalement tombé la dessus : https://lemondeenchantier.com/Fichiers/CV_TC.pdf.

Vous semblez foncièrement atypique et sincère. C’est un peu mon cas en beaucoup moins brillant semble-t-il. Je prendrais un peu de temps pour me présenter au retour de ce commentaire.
Bien à vous

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Thierry Curty

Bonjour,

Merci beaucoup. Je vous propose dans ce cas d’en voir plus de mes propos ici : https://courantconstructif.com/category/thierrycurty/ simplement visiter notre proposition et éventuellement adhérer. 😄 https://courantconstructif.com

Franchement, nous avons les réponses que la société attend. Une économie écologique, remise sur la voie du développement sociétal avec une croissance dépolluante.

Au plaisir d’avoir de vos nouvelles, bien cordialement, Thierry 😊

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Esprit critique

Merci pour cette analyse géopolitique très complète qui a le mérite de remettre les pendules à l’heure en cette sombre période ou l’esprit humain s’emporte rapidement vers une polarisation de la pensée .

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