La vietnamisation du conflit en Iran, l’enlisement inéluctable pour Trump

L’attaque contre l’Iran ne constitue pas un simple épisode militaire de plus dans le chaos moyen-oriental. Elle s’inscrit dans une logique plus vaste, plus profonde, et surtout plus cohérente qu’on ne veut bien le dire. Ce que nous voyons se jouer n’est pas seulement une guerre régionale. C’est un moment de la tentative occidentale de préserver sa prérogative historique dans un monde qui ne lui appartient déjà plus entièrement. Continue reading

Attaque de l’Iran : une nouvelle étape du recentrage stratégique vers la confrontation sino-américaine

Les frappes américano-israéliennes contre l’Iran ne doivent pas être comprises comme une opération ponctuelle de la politique étrangère américaine mais comme la continuation de la logique systémique de concentration stratégique des forces de l’Occident global vis-à-vis de la multipolarité grandissante amenant la subdivision du monde en nouveaux blocs puissants. Etats-Unis face à la montée de la Chine, l’Europe face à la Russie. Cette dynamique dépasse largement l’argument simpliste de la menace nucléaire iranienne et s’inscrit dans un processus plus large où les États-Unis cherchent à se libérer des points de tension périphériques afin de concentrer leurs moyens sur ce qui est désormais leur rival géopolitiquement structurant : Pékin. Une logique commencée en transférant à l’Europe la responsabilité d’assurer l’aide à l’Ukraine, puis l’annihilation de Gaza et donc du Hamas, permettant à Israël d’assister son allié, suivi de la capture de Maduro, puis la pression sur Cuba, et donc maintenant l’Iran. Continue reading

Brexit : pari raté ou stratégie différée ?

Dix ans après le référendum, le Brexit apparaît moins comme un événement clos que comme un processus inachevé. Le Royaume-Uni ne « sort » pas vraiment de l’Union européenne : il tente désormais d’en corriger les effets les plus destructeurs par une série d’accords sectoriels (article complet en-bas), tout en s’interdisant politiquement d’en rouvrir le débat central. Cette situation intermédiaire alimente une lecture classique — celle d’un pari politique perdu — mais autorise aussi une interprétation plus stratégique, plus dérangeante : le Brexit comme étape transitoire d’un réalignement géopolitique de long terme. Cet article assume de tenir ensemble ces deux lectures. Elles ne s’excluent pas. Elles se complètent. Continue reading

Venezuela : Trump ne cherche pas le pétrole mais le recentrage stratégique de l’Occident

(Et le Groenland : la pièce maîtresse arctique qui change tout)

Il faut se méfier des explications simples, surtout quand elles semblent évidentes. La prise de contrôle du Venezuela par Donald Trump a déjà été classée dans les tiroirs habituels : coup pétrolier, cynisme économique, impérialisme classique, retour de l’Amérique “à l’ancienne”. Les commentateurs s’indignent, les moralistes dénoncent, les experts comptent les barils. Il est vrai que le langage et les postures de Trump n’aident pas. Néanmoins il n’est que président des USA et pendant ce temps, la véritable signification stratégique de l’événement passe sous le radar.

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Le 23 septembre 2025 la Chine a renoncé à son statut de pays en développement et ça change… tout !

Qu’elle me semble loin l’époque où j’annonçais que le monde a changé et que ça ne se voit pas encore… L’annonce faite par la Chine le 23 septembre 2025 est passée relativement inaperçue dans le grand public, alors même qu’elle constitue l’un des tournants les plus importants du commerce mondial depuis son entrée à l’OMC en 2001. En renonçant à son statut de pays en développement, la Chine accepte de se mesurer au monde sur un pied d’égalité réglementaire et logistique, après plus de vingt ans durant lesquels elle a bénéficié de privilèges considérables qui ont façonné l’économie globale telle que nous la connaissons aujourd’hui. Continue reading

ZE American dream and sa civilisation de merde is back

Je songeais à écrire un truc sur le sujet du modèle américain dont Trump et Vance se gargarisent tant, en disant qu’il faut bien intégrer que si jamais le Canada et le Groenland étaient annexés, les canadiens et les groenlandais qui sont des peuples très solidaires, devraient accepter l’idée qu’en cas de maladie… ben ils meurent, tout simplement, faute de soins. D’ailleurs, l’espérance de vie des américains les plus riches est plus basse que les plus pauvres d’Europe. Continue reading

Ukraine : une guerre russaméricaine

Une guerre à laquelle les russes n’ont initialement pas cherché à participer, imposée par les américains. Poutine n’est pas homme à se laisser intimider, bien au contraire, il est un stratège que l’on a humilié dans les années 90, alors qu’il nous ouvrait grands les bras et qu’en retour on l’a tout bonnement souffloté. Il agissait alors avec une attitude d’ouverture, il n’a eu que des vexations en retour. Puisqu’on ne veut pas de la Russie, alors il imposera la Grande Russie.

…C’est que les américains n’ont pas d’amis, ils ont des intérêts et Poutine est un homme usé par 20 ans de pouvoir… faisons un peu le tour de la chose…
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La guerre : une solution pour venir à bout d’une crise et faire repartir la société sur de nouvelles bases ?

 

C’est dans ce contexte de crise que nous traversons, que certains évoquent la guerre comme possibilité pour en quelque sorte réinitialiser la société. Cela en références aux périodes fastes qui ont succédé aux conflits mondiaux du XXème siècle. On se souvient de la folie économique des années 1920 qui a succédé à la Première Guerre Mondiale, ainsi que des Trente Glorieuses qui ont succédé à la Seconde Guerre Mondiale. On évoque souvent le fait qu’une guerre créerait des emplois et de nouvelles usines pour reconstruire le pays meurtri à la fin, et même pendant le conflit, en faisant référence à ces nombreux ouvriers au chômage aux États-Unis suite à la Grande Dépression et qui ont trouvé du travail durant la Seconde Guerre Mondiale dans les usines d’armement car il fallait de la main d’œuvre pour assurer l’effort de guerre.

Seulement, nous verrons qu’en réalité, c’est plus complexe que cela. En effet, il faut savoir que le contexte et le niveau de vie de la population n’était pas le même qu’aujourd’hui et que par conséquent, une nouvelle guerre génèrerait plus de problèmes, que de solutions à la crise que nous connaissons actuellement. Nous verrons aussi que non seulement une guerre n’est pas nécessaire, mais en plus, qu’elle donnerait un coup d’arrêt à notre processus d’évolution sociétale. Continue reading